Vesca Olsommer

Vesca Olsommer

Peintre du dimanche travaillant la semaine

Biographie

Valaisanne, mais née en Bulgarie, 1941

Collège à Sion.

Licence en Droit, mais vie professionnelle assez brève :

– Membre de la rédaction de la revue Choisir (Jésuites, 3 ans GE),
– Caritas 5 ans, secteur requérants d’Asile, GE.
– Parlementaire écologiste mais pas toujours, toujours de gauche 11 ans GE.
– Famille de courants divers (catholique, protestant, orthodoxe, neo-platonicien, mais hors cadre… deux révélations tout de même : Les combats de mai 68 et celui du Groupe citoyen pour l’enseignement du fait religieux à l’école. (GE)

Divorcée, mère et grand-mère, mais avec joie.

Ne pas oublier le scoutisme : chaque jour une BA

Technique

De jadis à Naguère ...

Jadis : 1985 – 2000
Encre de chine, crayon, pastels à l’huile

Naguère : 2000 à aujourd’hui
Encres aquarelles, pastel, papier de soie traités aux encres métalliques, pigments, …

J’utilise du papier de soie que je teinds à l’encre aquarelle, à l’encre de chine souvent mélangées à des pigments et du liant pour aquarelle, je fais couler parfois sur ces préparations des encres or à base de gomme laque et je ne garde que des surfaces qui me conviennent et que j’assemble et colle entre elles. Ainsi, apparaît un fond sur lequel je dessine et je peins.

C’est que m’asseoir à la table de travail, c’était entrer dans un moment d’absolue liberté, c’était prendre une plume, un pinceau, sans qu’aucune contrainte (recherche du Beau, par exemple) ne vienne me faire basculer hors de ce plaisir : dessiner directement sur du papier ces formes devinées sur des pierres malmenées par l’eau, ramassées au bord de torrents, papier devenant ainsi miroir de scènes intérieures.
Plus tard, d’étape en étape, s’adjoint une recherche d’équilibre, de pourparler entre les masses, les formes, les couleurs, autant que je puisse le voir, le sentir. La technique, les matériaux changent. De collectives, je passe à des expositions personnelles.

Quelques propos sur mes travaux :

Voici quelqu’un qui a visiblement considéré la peinture comme un exutoire, qui a crié sur le papier ses vieilles peurs, ses chagrins d’enfant, ses conflits, ses solitudes. Et voici que ces œuvres extrêmement personnelles, d’une troublante sincérité, accèdent soudain à une autre dimension, à une sorte d’indépendance. Sans rien perdre de leur poignante vérité, elles entrent aujourd’hui, de plain pied, dans le monde de l’expression artistique. (1995)

Fabienne Luisier

Les poupées, surgies et immobiles, des mines de plomb de Vesca Olsommer, nous déplacent dans l’étrangeté de nous-mêmes. Nous nous projetons en elles, mais leur fixité nous fait disparaître. Les subtiles dégradés qui baignent le décor laissent émerger à notre insu ces détresses infantiles que le trait plus appuyé, précis donnant contour à la rigidité habillée du céluloïde, grave dans le délaissement d’une pose- sorte d’abandon au jeu d’une mie en scène d’où s’est retiré le flux de la vie. Fascination menaçante d’un oeil de poupée qui vous regarde, vide, rond, miroir énucléé des émotions qu’on lui avait prêtées. En nous, se retisse l’énigme.

Marc Faessler

Les expositions

Lieux et dates

– Centre de rencontre Lancy en 1988
– Confédération Centre en 1988
– Galerie Picpus Montreux en 1995
– Centre de rencontre Cartigny en 1998
– La Pinacothèque, Genève en 2006
– Galerie Minuscule et Espace Jérôme Rudin ,Vercorin en 2010
– Galerie La Primaire Genève en 2013
– Cloître des Capucins Saint Maurice en 2016
– Les Arcades d’APN en 2021

Cloître des Capucins Saint Maurice en 2016

Slam de Joëlle Stagoll sur l'un de mes tableaux : ``Elle est multiple``

A l'occasion des 20 ans de la Pinacothèque, paru dans ``Courant d'idées`` le 18 août 2013

Tu es sa dernière chance rossignol chante
chante pour elle n’aie pas peur
ce n’est qu’une femme ordinaire
elle n’a pas d’âge elle est unique elle est multiple
entends
comme son cœur bat
vois l’afflux du sang qui embrase
son visage
mais elle ne pleure ni ne crie
quand la douleur lui plante
sa griffe dans la tempe

n’aies pas peur chante pour elle rossignol
chante
ce n’est qu’une veuve ordinaire
dont le corps du mari
jonche quelque part un trottoir de la guerre

elle t’écoute
elle t’entend
de son œil gauche de son œil battu
de son œil éteint sur lequel s’affaisse
sa paupière exsangue

n’aies pas peur chante pour elle rossignol
chante
ce n’est qu’une mère ordinaire
dont le fils
a sauté sur une mine

tu vois elle fixe
incrédule
de son œil droit grand ouvert
le vide devant elle
tandis que sa cuisante
haine de la violence
lui sangle le front de sa lumière

n’aies pas peur chante pour elle rossignol
chante
ce n’est qu’une fille ordinaire
presque encore une enfant
que les soldats
ont violée

Vois
comme le rouge lui monte
à la face
la honte
pire que les plaies vives
de son ventre saccagé

n’aies pas peur chante pour elle rossignol
chante
ce n’est qu’une pute ordinaire
de celles qu’on importe
pour offrir leur corps à bas prix au mépris
de leur vie

tu vois le pli
désabusé de ses lèvres
son cou raidi
tendu
sa détresse
d’avoir été leurrée ?

chante rossignol
chante pour elle
chuchote-lui à l’oreille des paroles d’espérance
raconte-lui ce soleil
qui au-dessus de toi
veille
n’aies pas peur
chante
ce n’est qu’une femme ordinaire
parmi des milliers d’autres
femmes
hommes
tu les entends ?
invisibles dans la nuit derrière elle
ils approchent ils avancent
chante

comme elle
ils ne veulent plus
ils ne veulent pas
de ce monde-là